Enola Game, Christel Diehl, Editions dialogues , 9782918135449
EAN13 : 9782918135449
ISBN :978-2-918135-44-9
Éditeur :Editions dialogues
Date Parution :
Dimensions : 21 x 14 x 1 cm
Poids : 164 g

Enola Game

De

14.00€ -5%
13.30€
Le 16 février, Christel Diehl nous livre son premier roman, Enola Game. Un livre singulier sur le destin d'une mère et de sa fille. Un livre bref où tout est dit. L'horreur y côtoie l'émotion la plus pure.


Une jeune femme et sa petite fille vivent enfermées dans leur maison. À l’origine de cette claustration, il y a Enola Game, une catastrophe dont on ne connaît pas la nature exacte : accident nucléaire ? Conflit mondial ? Guerre civile?
Au fil des semaines, malgré sa peur et son chagrin, la mère puise dans sa mémoire et ses lectures mille raisons de célébrer la vie. Les mots de Mallarmé qu’elle recopie dans son journal intime trouvent une résonance particulière dans le vide de son huis-clos :
«Ma faim qui d’aucun fruit ici ne se régale, trouve en leur docte manque une saveur égale.»

Cependant, tandis que la mère louvoie entre sa douleur, ses souvenirs magnifiés et sa volonté farouche de donner un sens à la vie de son enfant, les quelques nouvelles du monde qui lui parviennent encore sont chaque jour un peu plus alarmantes.
In fine, la question de ce roman pourrait être : que reste-t-il quand il ne reste rien?

Christel Diehl (Auteur) a également contribué aux livres...

TOEFL, TOEIC, IELTS, réussir l'épreuve essay

TOEFL, TOEIC, IELTS, réussir l'épreuve essay

Christel Diehl, Mark Watkins

Presses Universitaires De France

Disponible chez l'éditeur
15.50 € 14.73 €
Job interview, réussir les entretiens de sélection en français et en anglais
Disponible chez l'éditeur
15.50 € 14.73 €
New TOEIC, comment optimiser son score, explications et exercices corrigés
Disponible chez l'éditeur
16.50 € 15.68 €
TOEIC, comment optimiser son score, explications et exercices corrigés
Indisponible
16.00 €
Prix public : 16.00 €
L'anglais du droit des affaires

L'anglais du droit des affaires

Christel Diehl

Presses Universitaires De France

Disponible chez l'éditeur
15.50 € 14.73 €
En savoir plus sur Christel Diehl

Interview

Dialogues avec Christel Diehl

5 questions posées à Christel Diehl

1. Lorsqu'on débute la lecture de votre livre, on est d'emblée plongé dans une ambiance angoissante, on apprend rapidement que la vie ne suit plus son cours habituel, mais on ignore pourquoi. Jusqu'à ce que la narratrice nous explique l'Enola Game. Pouvez-vous nous en parler ?


Une nuit, la narratrice et sa petite fille sont réveillées par de violentes explosions et une incandescence dont elles ne connaissent pas l'origine. Elles restent ensuite calfeutrées dans leur maison au nom d'un principe de précaution imposé mais flou : on leur distribue des vivres, on leur interdit de sortir, cependant on ne leur fournit aucune explication claire sur l'origine de la catastrophe. Le champ des possibles reste ouvert : accident nucléaire ? Attentat ? Guerre chimique ? La mère pense à Hiroshima et finit par donner un nom à leur situation singulière : Enola Game, allusion à Enola Gay, l'avion qui a largué la première Bombe A utilisée comme arme de guerre sur la ville japonaise le 6 août 1945.

2. Tout s'écroule. Les préoccupations d'hier paraissent bien futiles. Quel est l'essentiel dorénavant pour la mère et la fille ?

La mère tente de dissimuler sa propre terreur pour préserver l'insouciance de la petite. Et, paradoxalement, elle veut continuer à lui inculquer des valeurs morales qui, peut-être, n'existent plus que dans leur microsociété. Toutes deux inventent aussi des jeux et un mode de communication bien différents des loisirs numériques qui les occupaient jadis. Leurs échanges font encore la part belle à la tendresse et à l'humour.

3. La peur est omniprésente, peur de l'inconnu, de ce qui peut survenir à tout moment. Comment la mère fait-elle pour conserver ce peu d'espoir qui lui permet d'avancer, de vivre au jour le jour ?

La mère aime trop son enfant pour baisser les bras et elle use de plusieurs subterfuges pour tromper son angoisse : d'abord, elle puise sa force dans des souvenirs qu'elle sublime. Tout ce dont elle est privée a soudain une valeur inestimable : la douceur d'un sourire, la saveur d'un fruit, la poésie d'un moment de communion avec un être cher. Elle prend conscience que ces instants sont sa richesse la plus précieuse et que si elle survit, elle saura faire table rase des faux-semblants qui encombraient son existence : possessions matérielles, désir de réussite sociale... Sa grande peur a chassé ses petites peurs, ses inhibitions et ses mesquineries. Elle commence à «devenir elle-même».
Sa deuxième planche de salut est la littérature : elle relit ses auteurs préférés avec une nouvelle acuité.
Enfin, elle se consacre à l'écriture, et d'ailleurs elle écrit autant pour exorciser ses craintes que pour immortaliser le bonheur passé. Elle veut transmettre un message d'espoir; on le comprend au fil du texte.

4. L'écriture, pour la mère, devient rapidement un moyen, d'une part d'extérioriser la terreur du quotidien, d'autre part de laisser cours à ses rêveries, à ses souvenirs. Que représente l'acte d'écrire pour vous ?

J'écris ponctuellement depuis l'enfance et pourtant, j'ai ressenti tardivement le désir impérieux de construire des romans. J'ai longtemps mis ma vocation entre parenthèses pour donner la priorité à ma famille et ma carrière. Soudain ces parenthèses se sont délitées : j'ai compris que je ne pourrais être sereine qu'en laissant à l'écriture la place qui lui revenait dans ma vie. En cela, je ressemble à la narratrice : elle a longtemps jugulé sa passion. Comme j'ai la chance de me lever très tôt chaque matin, je consacre désormais deux ou trois heures par jour aux mots. J'éprouve une exultation certaine en «fabriquant des mondes et en regardant comment ils fonctionnent», pour paraphraser David Lynch.

5. Le drame qui se joue, page après page, tétanise le lecteur. On ne peut que se demander comment est né ce roman, qui met en scène deux personnages, mais qui retentit d'une voix féminine.

J'avais commencé il y a des années le récit à la première personne d'une expérience carcérale. Je voulais imaginer le parcours d'un homme jadis riche et puissant qui purge une peine et qui survit à la nuit de sa cellule en évoquant, en convoquant son passé lumineux.
Ensuite, je suis devenue maman et j'ai souhaité mêler à cet univers la présence d'un enfant, qui donne d'autres dimensions à la claustration : l'écoute, le partage, la transmission.
A titre plus anecdotique, une usine de fabrication d'engrais a explosé un été tout près de chez moi : les déflagrations étaient assourdissantes, le ciel plombé, et une odeur étrange flottait dans l'air. Pendant de longues heures, personne dans le voisinage n'a su exactement ce qui était arrivé. En pareil cas, l'imagination prend très vite le pas sur la raison.
Enfin et surtout, je crois qu'on retrouve dans ce livre la colère que j'éprouve face aux modèles sociétal et culturel qu'on nous impose aujourd'hui. La lecture (qui est pourtant le creuset de l'empathie) est en danger, on ne propose à nos enfants que des joutes électroniques et une marée d'images reflétant le culte de l'individualisme et de la consommation, au moment-même où la misère et l'obscurantisme gagnent partout du terrain.
Je rêve naïvement qu'on décélère, qu'on prenne le temps de saluer la beauté fragile de ce monde et qu'on donne aux générations à venir le sens de la «petite bonté» chère à Vassili Grossman : «la bonté humaine dans la vie de tous les jours (...). Cette bonté privée d'un individu pour un autre individu, une bonté sans témoins, une petite bonté sans idéologie (...), une bonté instinctive et aveugle, (...) simple comme la vie, (...) une bonté invincible» …

Dossier relatif au livre "Enola Game"

Huis clos : la tension monte

Huis clos : la tension monte

Pour accompagner la parution du très beau livre de Christel Diehl, "Enola Game", nous vous proposons une sélection de livres sur le thème de l'attente, de l'enfermement, où la tension monte petit à petit...

Le dossier complet

Commentaires

Identifiez-vous pour écrire un commentaire.

Quelle écriture!

Par .

Dans ce roman, Christel Diehl met en scène une femme et sa fille, enfermées dans une maison après Enola Game. Dans le choix du nom que la mère a décidé de doner à une tragédie dont on ne sait rien, elle montre à la fois son amour des mots et son désespoir. Car Enola game est un jeu de mots avec Enolay Gay, le nom de l'avion qui a largué la première bombe sur Hiroshima. C'est dire si l'atmosphère qui entoure ce ropman est pesante. On peut voir dans ce livre un aspect futuriste. Pour moi, c'est une histoire universelle, malheureusement partagée par de nombreux peuples en guerre. D'ailleurs, cette mère, comme sa fille, n'a pas de prénom. Elle représente toutes les mères dans la tourmente de la guerre, qui doivent oublier leur angoisse pour protéger leur petit.

[Lire la suite ...]

Angoissant à souhait ...

Par .

Un livre très court mais très intense. Christel Diehl nous entraine dans un huis-clos terrifiant, angoissant mais tout à fait passionnant. Je l’ai dévoré en quelques heures à peine tant j’étais captivée. Le décor est planté dès le début et très vite on en sait autant que la narratrice, c’est-à-dire presque rien. Après une catastrophe dont on ne sait absolument rien, une mère et sa petite fille doivent rester enfermées chez elles. Elles tentent tant bien que mal de garder certains repères et habitudes. Cependant, il est difficile de garder le même style de vie lorsque la nourriture et l’eau doivent être rationnées, qu’il n’y a plus d’électricité et qu’il est formellement interdit de sortir.

[Lire la suite ...]

"La grande lumière"

Par .

Le titre, d’abord, saute aux yeux, Enola Game, référence explicite à l’avion qui largua la première bombe atomique sur Hiroshima est le premier roman de Christine Diel, court texte d’à peine plus de cent pages où l’on suit, via une multitude de brefs paragraphes, la résistance d’une mère et de sa fille après ce qui semble être un cataclysme nucléaire, « la grande lumière » nous dit-on sans guère plus de précision.

Les deux Robinson Crusoë de l’ère atomique doivent faire face avec les restes de leur existence conservés dans leur maison à cette mystérieuse guerre au présent, guerre froide, anonyme et invisible. Qui sont les vivants qui pénètrent dans les maisons du voisinage la nuit ? Difficile à dire. Quid des survivants ? La seule certitude est que ces patrouilles sont à la botte d’un nouvel ordre totalitaire. A l’image de ce dont le futur sera fait.

[Lire la suite ...]

Bouleversant

Par . (Librairie Dialogues)

Je viens de finir le Enola Game de Christel Diehl et je suis resté scotché. C'est un roman d'une puissance narratrice rare. L'intensité monte au fur et à mesure des pages. L'atmosphère inquiétante , le climat lourd , les doutes, l'angoisse, l'attente, la méfiance, la mélancolie, les souvenirs, l'espoir sont autant de thèmes que Christel Diehl traite avec brio et sobriété. Pour un premier roman c'est une réussite. C'est un texte ramassé qui appelle au devoir de mémoire, qui touche notre propre histoire culturelle et qui en peu de pages dit
l'indicible. Il m'évoque le magnifique livre de Luciano Bolis : Mon grain de sable. On ne peut rester indifférent à la détresse de son personnage, à cette femme à la fois forte mais dont les certitudes s'ébranlent à l'image d'une feuille de papier qui brûle petit à petit.
Un grand livre bouleversant.

Enola Game

Par . (Librairie Dialogues)

Les mots me manquent pour parler du choc ressenti à la lecture de ce premier roman qui m'a hanté plusieurs jours durant.
Lisez-le sans plus attendre.

Oppressant huis-clos

Par .

Enola game, c’est le nom que donne la narratrice de ce roman à la catastrophe qui les a contraintes, sa fille et elle, à vivre recluses dans leur maison. Un jeu de mot en référence à Enola Gay, pour une catastrophe mystérieuse survenue sans crier gare, sous la forme d’une grande lumière. Depuis, les communications sont coupées, l’eau est d’une couleur douteuse et il n’y a plus d’électricité. Alors cette mère et sa fille vivent un quotidien précaire, puisant jour après jour dans leurs réserves de nourriture, et instaurant des petits rituels pour chasser l’angoisse et donner à cette survie des aspects de normalité. Comme si elles attendaient simplement que leur vie d’avant reprenne son cours.

[Lire la suite ...]

Par .

Une mère et sa petite fille vivent enfermées dans leur maison depuis une catastrophe. Les ordres donnés par une patrouille sont clairs : rester chez soi, ne pas s‘aventurer à l’extérieur. Les moyens de communication et l’électricité sont coupés. Sans aucune nouvelle de son compagnon et de sa fille aînée, la jeune femme lutte contre l'angoisse grandissante.

Dans un décor apocalyptique où l'on ne sait pas ce qui s'est passé, cette mère a décidé de nommer le jour de la catastrophe Enola Game. En proie à de nombreuses questions, il lui faut occuper sa fille de quatre ans, établir un rythme au cours de ces journées longues et semblables les unes aux autres. Régulièrement, un char sillonne les rues en déposant devant les portes quelques vivres. Tiraillée par la peur, elle écrit. Puise dans ses souvenirs et ses anciennes lectures pour compenser l’inacceptable. Au fil des semaines, la situation prend un tournant alarmant. Des bandes pillent des maisons, la nourriture manque. La jeune femme repense à sa vie, trie le superflu du nécessaire et tente malgré tout pour sa fille, de faire comme si tout cela n'était qu'un jeu. Mais combien de joueurs sont-ils ? Et l'espoir que la fin de la partie permette un retour à la vie d'avant s'amenuise.

[Lire la suite ...]