Conseils de lecture

19,00
par (Libraire)
18 octobre 2021

Conseillé par Marie-Blanche

« Que deviennent les histoires quand il n'y a personne pour les raconter ? » demandait Jim Harrison. Mathieu Palain nous transmet celle de Toumany Coulibaly le sprinter cambrioleur. Un ouvrage fruit d'une véritable rencontre entre le journaliste-écrivain et l’athlète. Palain a provoqué cet échange, Coulibaly l'a accepté d'une façon entière, bouleversante; se privant du droit de visite d'autres membres de son entourage. Tous deux ont le même âge, ont grandi dans la même banlieue.
Palain s'est rêvé footballeur professionnel et n'en avait, dit-il, pas l'étoffe; quand Coulibaly était de celle des héros du stade mais s'est brulé les ailes étant de son propre aveu bien au-delà de la simple kleptomanie. Entre ces deux êtres le courant passe bien, ils ont le même langage. Le livre relève de la littérature du réel, du livre enquête et décrit une belle relation, un authentique partage. Palain ne survole pas le parcours du sportif, n'effleure pas ses fêlures, ne le juge pas, sans verser dans l'angélisme ou la complaisance. Il sait nous décrire ce 400m ingrat, nous le faire éprouver. Toumany Coulibaly a choisi une discipline sportive ascétique, redoutable où l'effort va de soi et où la souffrance extrême est au rendez-vous. Et cependant il y a cet élan irrépressible qui l'habite et le pousse à la fauche et aux embrouilles. Nous suivons Mathieu Palain se rendant au parloir de la prison de Réau maintes fois. Au-delà, se dessine une lecture de l'univers carcéral, des détenus qui ne sortent plus de cellule et qui n'aimeraient rien faire s'ils étaient dehors lorsqu'on leur demande, des êtres qui n'ont plus d'envies ; sauf l'un qui aimerait juste revoir la mer.
Et là se profile le portrait de Palain qui ne saurait raconter Coulibaly sans se raconter aussi et l'on comprend que l'enfermement est la grande affaire de la vie de l'auteur (on songe à C. Lanzmann et à la peine capitale).
"Ne t'arrête pas de courir " est un livre posé et incandescent ! Palain cite Bukowski pour qui un taulard était un perdant qui aura tout essayé. Toumany Coulibaly à lire votre histoire, on vous souhaite avec chaleur et respect tout le meilleur. Marie-Blanche


19,00
par (Libraire)
6 octobre 2021

Conseillé par Marie-Blanche

En cette rentrée souvent placée sous le signe du père, J.B. Del Amo nous propose "Le fils de l'homme".
Fils de l'homme et non ... fils du père.
Ce qu'interroge l'auteur est bien l'humanité, la nature humaine et la nature tout court.
Quand "Règne animal" s'achevait par la fuite du verrat renouant avec l'innocence originelle, " Le fils de l''homme" s'ouvre sur la vie des premiers hommes ... paradis perdu ... paradis fantasmé ... paradis impossible ...
Un paradis recherché au fil d'un livre incandescent par Del Amo et ses personnages.
De père il est cependant bien sûr question.
Un père qui réapparait.Taiseux, insaisissable et d'autant plus imprévisible que capable de mots et pas des moindres.Un père doté de profondeur et de subtilité qui fut jeune; idéaliste, sauvage, prompt à la bagarre, charismatique dans sa bande qu'il aimantait, fédérait; un père communautaire... Mais un père fils de ...et poursuivi par ce qu'il a emporté avec lui le jour où il a fui les Roches où il vivait avec son géniteur et qui ne cesse de l'y ramener.Un père qui arrachera son fils et sa compagne enceinte d'un autre de la ville pour s'installer sur cette terre hostile, s'y enterrer.Un père qui n'est pas une brute épaisse caricaturale plutôt un animal blessé qui comme une bête de somme va retourner un lopin caillouteux et s'entêter dans le pire .
Chez Del Amo le lieu,somptueusement transmis, fait plus que décrire, il écrit, scelle toujours quelque chose; la forêt entourant les Roches va se refermer derrière les personnages
Le romancier excelle dans la peinture des rapports humains sensibles, sensuels, violents, terribles; des liens familiaux distendus. Comme lorsqu'il nous montre le père et le fils marchant d'un pas lent, désaccordé, étrangers l'un à l'autre dans une indifférence réciproque dans une fête foraine fantomatique. Ou la mère souvent plongée dans la lente et réconfortante lecture de romans de gare et dans le tarot divinatoire, cette mère si peu portée par la sienne avec qui elle ne voulait surtout pas partager la même insatisfaction, qui embrasse la tempe chaude de l'enfant aussi parfumée qu'un ventre de chat, enfant qu'elle couve trop aux yeux du père. Del Amo sait dire l'empêchement, la gêne qui président aux manifestations de sentiments entre hommes; leur fraternité virile, gaillarde trop allègre pour être sincère; l'orgueil de ceux qui portent une arme.
Son livre à la force du grand classique, de la tragédie antique pour exprimer une malédiction contagieuse et << cet atavisme qui rejette les humains vers l'ornière d'origine immanquablement >> ( selon la formule de Le Clézio).
Hommes, bêtes et nature y sont pris au piège d'un cercle infernal, infini, comme le verrat lié à jamais au règne humain...
Puissant !!!


Edition limitée spécial 10 ans

Futuropolis

26,90
par (Libraire)
5 octobre 2021

Il y a tout juste 10 ans, Étienne Davodeau faisait paraître Les ignorants : un livre devenu un véritable phénomène. Un auteur de bande dessinée dans la vigne et un vigneron chez Gibrat ou chez Guibert. Qui sont-ils ? Deux ignorants ! Mais n'y rien connaître, c'est avoir tout à découvrir ! Comment, pourquoi et pour qui faire des livres ou du vin ? Les réponses forment le récit, vivant et joyeux, d'une initiation croisée...Une édition anniversaire au tirage unique, augmentée d'un entretien croisé et de photos inédites. Étienne Davodeau et Richard Leroy, le vigneron, reviennent sur cette formidable aventure qui continue encore aujourd'hui.


Guide des climats et crus de la côte-d'or

Terre En Vues

25,00
par
20 septembre 2021

Un livre "remarquable" primé par l'OIV 2021

Passionnant livre pour comprendre l'histoire des climats juste avant les AOC. Ce livre vient de recevoir le prestigieux prix de L’OIV 2021 catégorie Histoire. Selon le jury se l'OIV: « Par une approche de l’histoire des vins, et en particulier au XIXe siècle, l’auteur expose les fondamentaux de la réussite de la viticulture des « hauts lieux », regroupant 84 AOP et 1200 « Climats de Bourgogne » : un exemple remarquable »... Tout est dit


Anouar Benmalek

Emmanuelle Collas

20,00
par (Libraire)
17 septembre 2021

Conseillé par Yann

Happé dès les premiers mots par un style percutant, je me suis d'abord
demandé où j'avais atterri en découvrant un personnage quasi "monty-pythesque" devenir, pour des raisons que je garde volontairement floues, le souffre-douleur puis la mascotte d'un petit village à la population peu recommandable. Entre
deux lancers de pierres et le double de quolibets, l'auteur nous sert une ironie jubilatoire qui, loin de dénaturer un sujet quand même grave, permet surtout de mieux mettre en lumière la si tenace absurdité humaine. Et il faut dire qu'il y a matière... surtout que ce qui est pointé du doigt touche encore, hélas, à notre époque :
terrorisme religieux, cruauté gratuite, obscurantisme, misogynie systématique entre autres
joyeusetés... Un tableau pareil à du Soulage imprégné de charbon et de suie en somme.
Et pourtant. Pourtant au milieu des ruines et des fusils d'assauts, des drones et des charniers,
quelques rais de lumières viennent tromper l'horreur par l'entremise d'êtres cabossés encore capables
d'amour et d'espoir. C'est poignant. C'est terrible. C'est la réalité de peuples qui savent, eux,
ce que sont l'abolition des libertés et la violence de la dictature, la réalité de peuples face auxquels, au regard de l'actualité, on ne peut s'empêcher de se sentir tout petit et médiocre. De fait, je suis ressorti de ce livre avec l'envie furieuse non pas d'éradiquer mes prochains à coups de marteaux mais plutôt avec à cœur de leur offrir un peu de tendresse en usant de fleurs, de chocolat voire des câlins
(même si les geste barrières, tout ça tout ça...) histoire de redorer à ma modeste mesure le blason peu
reluisant de notre humanité... Mais en bon velléitaire j'ai préféré me rabattre sur le conseil de bons livres,
d'où les lignes que vous êtes en train de lire sur ce petit miracle de la rentrée littéraire. Yann