Psychologie de l’invention
EAN13
9782491962746
Éditeur
Le Mono
Date de publication
Langue
français
Fiches UNIMARC
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Psychologie de l’invention

Le Mono

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  • Aide EAN13 : 9782491962746
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C’est un caractère de l’invention, un caractère non pas absolument général,
mais très fréquent, que d’être précédée, préparée et accompagnée par des
phénomènes affectifs plus ou moins vifs et plus ou moins nets. Le sentiment
est une des conditions ordinaires de l’idée créatrice, et les lois de la
psychologie générale permettaient de le prévoir. D’une part les tendances
intellectuelles, comme toutes les autres, font éprouver des joies, parfois
très intenses, ou des souffrances réelles selon la façon dont elles sont
satisfaites ou contrariées. Or les inventions procèdent de tendances
intellectuelles, de désirs de l’esprit souvent très forts. De plus, par cela
même que l’invention est un phénomène nouveau, encore inexpérimenté, encore
mal associé avec tous les autres phénomènes de l’esprit, elle est
particulièrement susceptible d’être précédée, accompagnée ou suivie par ce
trouble, par ce désordre plus ou moins grave qui est la condition même du
phénomène affectif, du fait émotionnel. En outre, les inventions se rattachent
aussi, très souvent, à des tendances de la vie de relation, à des sentiments
égoïstes ou altruistes, à des passions affectives. C’est souvent une peine
morale, ou la joie d’un sentiment satisfait, qui mettent l’imagination en
éveil et déterminent la création intellectuelle. Voilà donc bien des raisons
pour que la création intellectuelle soit accompagnée de phénomènes qui ne
peuvent pas être rattachés à l’intelligence seule, de faits affectifs et
d’ordre émotionnel.

Autrefois les premiers êtres inventaient des sensations comme nous inventons
des idées et même des nuances de sentiment. Il est bien vraisemblable en effet
que les cinq sens que nous connaissons n’ont pas apparu simultanément et tout
formés, et le travail qui a fait sortir du tact les différents sens spéciaux,
et qui a donné à ceux-ci toute la gamme de leurs sensations, semble tout à
fait analogue à celui de l’invention de nos idées et de nos croyances
diverses. Comme d’ailleurs les perceptions probablement, mais surtout les
images, les idées et les sentiments varient d’une manière assez notable d’un
individu à l’autre, on peut dire qu’il n’y a rien en nous que nous n’ayons à
quelque degré inventé...
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