Les larmes de Rome, Le pouvoir de pleurer dans l'Antiquité
Éditeur
Anamosa
Date de publication
Langue
français
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Les larmes de Rome

Le pouvoir de pleurer dans l'Antiquité

Anamosa

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  • AideEAN13 : 9791095772316
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    12.99

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Qui n'a en tête les larmes d'Obama en 2016, à l'évocation d'une fusillade dans
une école ? Un homme, puissant de surcroît, pouvait donc manifester son
émotion en public ! Apparente nouveauté car l'expression lacrymale n'a pas
toujours été associée à une forme de faiblesse. Dans la Rome antique, les
larmes étaient même un adjuvant du politique, l'arme des orateurs et le moyen
de se distinguer du vulgaire. Une originale plongée dans la société de
conquérants impitoyables, mais sentimentaux !
Aussi surprenant que cela puisse paraître, les larmes coulent en abondance
chez les Romains. Les empereurs, le peuple, les sénateurs, les soldats
pleurent. Débats publics, procès ou ambassades, tout est prétexte aux
déversements d'émotions. Plus que les Grecs, déjà grands pleureurs, les
Romains ont la larme facile. La variété du vocabulaire latin vient l'attester.
Les verbes _flere_ , _deflere_ , _lacrimare_ , _deplorare_ , _complorare_ ,
_gemere_ , _lugere_ , _complangere_ , _plangere_ , _queri_ , désignent tous
l'action de pleurer, de se lamenter, parfois de manière bruyante et
spectaculaire, gestes à l'appui : on se frappe la poitrine, on lacère ses
vêtements, on griffe son visage, on se roule par terre. Les Romains s'épuisent
à pleurer, leurs yeux s'y abîment. Souvent dépeints en conquérants
impitoyables (ce qu'ils étaient), les Romains sont trop rarement montrés dans
leurs moments de fragilité ou d'égarement. Les Romains construisent des
routes, des ponts et des villes, ils bâtissent un Empire, mais ne s'abaissent
pas à pleurer, pense-t-on. Leur mauvaise réputation de rudesse a jusque-là
découragé toute enquête générale sur leurs larmes, là où les lamentations des
héros grecs ont déjà fait couler beaucoup d'encre.
Dans cette histoire inversée de la force romaine, il faut accepter de ne pas
s'y reconnaître, de perdre pied. Les comportements sociaux des Romains,
souvent ponctués de larmes, nous dépaysent. Le parcours que propose ce livre
est ainsi celui d'un paradoxe : saisir l'étrangeté de ces larmes d'hier si
semblables aux nôtres, c'est aussi comprendre qu'elles n'ont pourtant rien de
celles d'aujourd'hui.
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