OpticalSound 6
Éditeur
Art Book Magazine Éditions
Date de publication
Langue
français
Langue d'origine
français
Fiches UNIMARC
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OpticalSound 6

Art Book Magazine Éditions

Offres

  • AideEAN13 : 9791096749102
    • Fichier EPUB à mise en page fixe, avec Marquage en filigrane
    4.99
Une rencontre impossible arrivée par un coup de dés : deux pierres angulaires
musicales – dont l'une disparue – des années 1980 1990 posées l'une à côté de
l'autre pour raviver une présence et conjurer une longue absence :
L'Invitation au suicide de Yann Farcy et Sordide Sentimental de Jean Pierre
Turmel – comme une épitaphe réjouissante et l'apparition de quelques souvenirs
lointains – qui parleront peut-être à peu, justement. Deux albums fétiches
chez l'un : Loin de la plage des Provisoires (album abrasif, cru et spectral
sans équivalent) et Catastrophe Ballet de Christian Death (second album
cathédrale et bancal, mais recelant « The Blue Hour » - petit joyau en forme
de madeleine personnelle) et chez l'autre l'impertinence et la suprême classe
de sortir des disques de Joy Division, Psychic TV et Monte Cazazza entre
autres et ce dans le chant de ruines de la production française de l'époque.
Par le truchement de Pierre-Yves Cachard et Thierry Weyd, quelques insistances
: les entendre nous parler depuis le purgatoire des temps modernes... À côté
de Présence Panchounette, IFP… Vaste cimetière que ce numéro. Quelques
vivants, heureusement ! Hubert Renard et Nathalie Leleu, Nicolas Boulard,
Caroline Delieutraz, Cosey Fanni Tutti, Olivier Quintyn… Un dossier spécial
autour de l'exposition que nous avons organisée l'année dernière à Genève :
comme un poing levé. On n'est jamais mieux servi que par soi-même surtout
quand l'événement était aussi furtif qu'impossible – pris dans les grèves et
un calendrier serré. On en a profité alors pour échanger avec Alexandre
Bianchini et Cocoon – dont nous sortons un superbe vinyle, intitulé comme une
sentence définitive : You've arrived. Cultiver l'entre-soi avec plaisir. Ce
numéro aurait dû sortir en septembre 2018, puis en novembre, puis en décembre…
Ce sera finalement en 2019. Une envie de laisser un peu reposer… Prendre son
temps dans un contexte où l'art n'a jamais été aussi éteint et muet. Incapable
de quitter l'art ou ce qui est montré de l'art, ou ce qui est vendu comme de
l'art. On a pensé jaune : de notre trahison et à l'impuissance à agir sur les
ronds points autrement que par l'envie de détruire les quelques sculptures de
mauvais goût qui nous rappellent avec violence combien l'art a perdu son
projet émancipateur et gagné en inutilité. Combien aux yeux de beaucoup il
n'est devenu qu'un décor à mondanités ou quelques chiffres bien alignés sur
les écrans des salle de ventes, nouvelle salle des marchés. Le brouillard
s'est dissipé. Pas le souvenir des violences policières et la manière dont a
voulu nous isoler, nous séparer les uns des autres : corps social distendu
jusqu'à se briser. Nous évoquions dans notre précédent numéro l'émiettement
des luttes. Encore ici. Des plaques de contreplaqué pour protéger les
devantures des boutiques, banques, assurances, etc. Comme pour la première
maison des Trois petits cochons que le loup souffle en une expiration. Mais
déjà celle en bois et celle en briques… Comme des rues vidées des enseignes,
logos, publicités – rendues abstraites, nettoyées – avant un ouragan qui ne
vient pas. Quelques mois plus tard, les cadres et structures sont encore là,
prêtes à être recouvertes… Au cas où… Au cas où…
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