Un mauvais rêve
Éditeur
La Gibecière à Mots
Date de publication
Langue
français
Fiches UNIMARC
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Un mauvais rêve

La Gibecière à Mots

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  • AideEAN13 : 9782374634234
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    1.99
**Georges Bernanos** (1888-1948)

"Lettre d’Olivier Mainville à sa tante.

Ma chère tante, j’aurais dû vous écrire à l’occasion des fiançailles d’Hélène
et le temps passe, passe. Vingt jours à votre Souville, vingt jours tous
pareils, avec leur compte exact d’heures, de minutes, de secondes – et encore
l’horloge de la paroisse doit vous faire bonne mesure, treize heures à la
douzaine peut-être, sait-on ? – vingt jours de province, enfin, c’est quelque
chose. Ici, voyez-vous, ce n’est rien. On les arrache au calendrier par
poignées, les jours, on les jette à peine défraîchis pour en avoir tout de
suite des neufs. Et personne n’a l’idée de vérifier le total, à quoi bon ?
Dieu est honnête. Aussi, lorsque vous me parlez de donner l’emploi de mon
temps, je vous admire. Le seul point fixe de mon espèce de diorama tournant,
c’est toujours, depuis décembre, ma visite quotidienne à M. Ganse – ce que
vous appelez si drôlement mon secrétariat. Singulier secrétaire ! J’arrive
chaque après-midi à trois heures tapant. Je fume des cigarettes en compagnie
du patron jusqu’à cinq heures. Tandis que nous causons – il écoute avidement,
cyniquement, il est curieux de tout, avec des étonnements qui me semblent
presque naïfs, de brusques retours sur lui-même, absolument déconcertants, qui
vous donnent envie de rougir – Mme Alfieri, la première secrétaire, achève de
mettre au net les pages dictées le matin. Puis je dois les relire au patron
qui commence par hausser les épaules, s’énerve, et à la dixième ligne me prie
régulièrement de lui fiche la paix."

Olivier Mainville travaille chez l'écrivain Ganse. Il écrit une lettre à sa
tante, lettre dans laquelle il décrit aussi bien l'écrivain que son neveu
cynique, Philippe, et son énigmatique secrétaire, Mme Alfieri. Cette lettre
est lue par son patron...

Roman inachevé de Georges Bernanos.
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