Les philosophes en République, L’aventure intellectuelle de la Revue de métaphysique et de morale et de la Société française de philosophie (1891-1914)
Éditeur
Presses universitaires de Rennes
Date de publication
Collection
Histoire
Langue
français
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Les philosophes en République

L’aventure intellectuelle de la Revue de métaphysique et de morale et de la Société française de philosophie (1891-1914)

Presses universitaires de Rennes

Histoire

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En 1893, un groupe de jeunes philosophes rationalistes et idéalistes, fondent
la Revue de métaphysique et de morale. Fidèles à l’enseignement d’Alphonse
Darlu qui fut leur professeur au lycée Condorcet, Xavier Léon, Elie Halévy et
Léon Brunschvicg veulent défendre la philosophie contre les menaces
symétriques du positivisme et du mysticisme. La revue bénéficie d’une
reconnaissance universitaire précoce et lance des entreprises collectives de
premier plan : l’édition-monument des œuvres de Descartes, les congrès
internationaux de philosophie (le premier se tient à Paris en 1900) et la
Société française de philosophie (fondée en 1901). Les animateurs français des
débats du temps (Boutroux, Bergson, Durkheim, Lévy-Bruhl, Brunschvicg, etc.)
se rencontrent dans le salon de Xavier Léon, véritable « foyer » de la
philosophie française. Leur hôte est un médiateur de talent : directeur de la
Revue de métaphysique et de morale et administrateur de la Société française
de philosophie, il est devenu en quelques années un entrepreneur philosophique
de dimension européenne. Dans ce moment républicain de la philosophie où
s’articulent les principes de l’individualisme démocratique et les exigences
du devoir social, se constitue ainsi une société des esprits qui ouvre des
espaces de discussion réglée. L’obsession fin-de-siècle de l’anarchie
intellectuelle et morale, le refus du dilettantisme et l’affirmation du «
devoir de solidarité » forment le soubassement culturel de ce microcosme
républicain. Bien que parfois tendue vers l’idéal d’un régime de production et
de validation collectives du savoir, la « socialisation » du travail
philosophique n’étouffe pas le génie individuel : il ne s’agit pas d’éliminer
la controverse mais de forger les instruments de sa régulation apaisée et de
sa rationalisation, en éliminant les faux problèmes pour donner davantage de
reliefs aux divergences majeures. Les pensées fortes se singularisent et
s’affermissent à partir d’une matrice problématique commune, dans la dynamique
de la discussion. Les débats autour du bergsonisme et de la « philosophie
nouvelle » constituent un observatoire privilégié de cette scène
intellectuelle animée par les philosophes en République. Par leurs pratiques
intellectuelles tout autant que par leurs discours, ces derniers incarnent une
veine idéaliste de la philosophie républicaine qui connaît aujourd’hui un
regain d’intérêt de la part des historiens et des philosophes.
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