L'éternel mari
Éditeur
La Gibecière à Mots
Date de publication
Langue
français
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L'éternel mari

La Gibecière à Mots

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  • AideEAN13 : 9782374636627
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    1.99
**Fiodor Dostoïevsky** (1821-1881)

"L’été commençait, et Veltchaninov, contre son attente, se trouvait retenu à
Pétersbourg. Son voyage dans le sud de la Russie ne s’était pas arrangé ;
puis, son procès traînait, il n’en voyait pas la fin. Cette affaire – un
litige au sujet d’une propriété – prenait mauvaise tournure. Trois mois
auparavant, elle paraissait toute simple, pas même douteuse ; et, brusquement,
tout avait changé. « Au reste, c’est ainsi pour toutes choses, tout se gâte »,
se répétait-il sans cesse à lui-même, avec mauvaise humeur. Il avait pris un
avocat habile, cher et connu, il n’avait pas ménagé l’argent ; mais, par
impatience et par défiance, il s’était occupé lui-même de son affaire : il
s’était mis à écrire des papiers, que l’avocat s’empressait de faire
disparaître ; il courait les tribunaux, faisait faire des enquêtes, et, en
réalité, retardait tout ; à la fin, l’avocat s’était plaint, et l’avait engagé
à partir pour la campagne. Mais il ne pouvait se résoudre à s’en aller. La
poussière, la chaleur étouffante, les nuits blanches de Pétersbourg, qui
surexcitent et énervent, tout cela le retenait à la ville. Il habitait,
quelque part dans le voisinage du Grand-Théâtre, un appartement qu’il avait
loué depuis peu, et qui n’était pas suivant son gré. « Rien n’était suivant
son gré ! » Son hypocondrie croissait de jour en jour ; mais depuis longtemps
il en avait le principe.

C’était un homme qui avait vécu beaucoup et largement ; avec ses trente-huit
ou trente-neuf ans, il était loin d’être encore jeune, et toute cette «
vieillesse », comme il disait, lui était venue « presque absolument à
l’improviste » ; il comprenait lui-même que ce qui l’avait si vite vieilli,
c’était non pas la quantité, mais, pour ainsi dire, la qualité des années, et
que, s’il se sentait faiblir avant l’âge, c’était par le dedans plus vite que
par le dehors. A le voir, on eût encore dit un jeune homme."

Veltchaninov rencontre, par hasard, Pavel Pavlovitch ; ce dernier a perdu son
épouse Nathalia et vit, dans des conditions sordides, avec sa fille Lisa.
Veltchaninov fut l'amant de Nathalia, il y a quelques années... Serait-il le
véritable père de Lisa ? Une étrange amitié s'instaure entre les deux
hommes...
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