Le beau-fils
Éditeur
La Gibecière à Mots
Date de publication
Langue
français
Fiches UNIMARC
S'identifier

Le beau-fils

La Gibecière à Mots

Offres

  • AideEAN13 : 9782374636719
    • Fichier EPUB, libre d'utilisation
    • Fichier Mobipocket, libre d'utilisation
    • Lecture en ligne, lecture en ligne
    • Fichier PDF, libre d'utilisation
    2.49
**Emmanuel Bove** (1898-1945)

"Ce fut bien avant la guerre, en 1904 exactement, que Mlle Annie Villemur de
Falais fit la connaissance de Jean-Melchior Œtlinger. Elle avait vingt et un
ans. Depuis plusieurs mois, elle suivait un cours mixte de peinture, non pas
chez Julian ni à l’École des Beaux-Arts, mais dans une académie de la rue de
la Grande-Chaumière, ce dont elle était fière, ce choix ne pouvant qu’indiquer
une vocation véritable. Elle partageait l’admiration des autres élèves pour
les préraphaélites. Ses frères, ses amies, son père même, venaient parfois
assister d’une embrasure à une séance de pose, un peu gênés quand le modèle
était un homme nu, mais n’osant le dire de peur de paraître pudibonds. Annie
était une grande jeune fille blonde, embarrassée de sa beauté comme on l’est
de sa jeunesse dans certaines professions. À force d’insistance, elle avait
obtenu la permission de louer un atelier dans le haut de la rue d’Assas.
Chaque semaine, elle y organisait de petites réceptions. Aux camarades de
travail, pour la plupart des étrangers pauvres, ne manquait jamais de se
joindre un membre de la famille Villemur qui veillait à ce que tout se passât
convenablement. Ce fut justement à un de ces thés que le massier de
l’académie, pour lequel Mlle Villemur s’était prise de sympathie parce que,
comme tous les massiers, il avait été choisi parmi les élèves les plus
méritants de la classe, et qu’elle gardait de son éducation l’habitude d’être
compatissante, lui amena un de ses amis, homme sombre, âgé d’une trentaine
d’années, portant une barbe en pointe, vêtu assez cérémonieusement d’une
jaquette. C’était le fils d’un professeur de Mulhouse, connu pour ses
sentiments francophiles. À la mort de ce professeur, survenue en septembre
1895, Jean-Melchior Œtlinger, dont la majorité avait été fêtée en février de
la même année, son frère aîné Martin et sa jeune sœur Catherine avaient vendu
la maison paternelle et étaient venus se fixer à Paris, les garçons avec le
désir de continuer leurs études, la fille avec celui de faciliter la tâche de
ses frères en leur épargnant tous soucis domestiques."

Jean-Noël perd son père, Jean-Melchior Œtlinger, alors qu'il est adolescent.
Sa belle-mère, Annie Villemur issue d'un milieu bourgeois et aisé, continue de
s'occuper de lui et de le protéger... Mais Jean-Noël se laisse porter par la
vie et ne cesse de décevoir Annie...
S'identifier pour envoyer des commentaires.