La belle échappée
EAN13
9782267023275
ISBN
978-2-267-02327-5
Éditeur
Christian Bourgois
Date de publication
Collection
Littérature étrangère
Nombre de pages
309
Dimensions
1 x 1 x 0 cm
Poids
270 g
Langue
français
Langue d'origine
anglais
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La belle échappée

Christian Bourgois

Littérature étrangère

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Dans La belle échappée, Nicholson Baker crée un univers parallèle au sein duquel les visiteurs occasionnels peuvent, moyennant un tarif élevé, assouvir leurs plus extravagants désirs. Le point de départ de son nouveau roman tient en effet au fait qu’un certain nombre de personnes ordinaires, moyennement satisfaites de leurs sorts, disparaissent par des portes – sèche-linge, tunnel, trou de golf, etc – et se retrouvent dans un parc à thème baptisé La belle échappée.
Le livre s’ouvre sur la découverte par la jeune Shandee, d’un avant-bras appartenant à un dénommé Dave. Ce membre autonome a des exigences - il demande à être entretenu et nourri - mais procure aussi des avantages : il peut apporter une satisfaction sexuelle, et il ne reste pas du tout indifférent à la souplesse et à la douceur du corps de Shandee. On apprend assez vite que l’apparition du bras de Dave est le fruit d’une amputation temporaire et volontaire acceptée par ce dernier en échange de son entrée dans La belle échappée, une « sex resort » très coûteuse mais où tous les fantasmes féminins et masculins sont stimulés, sinon assouvis. Les moyens d’accès à cet univers parallèle sont divers : certains y parviennent en cherchant à se débarrasser de tatouages encombrants, d’autres en répondant à une petite annonce, d’autres encore en s’introduisant dans le sèche-linge d’une laverie automatique, en pénétrant à l’intérieur d’une sculpture en bois (un corps de femme) créée par une artiste japonaise.
À l’inverse de la plupart des grandes multinationales, L’échappée belle est dirigée par une certaine Lila dont la devise est « mon plaisir est votre plaisir ». Chaque chapitre conte ainsi une expérience différente, illustrant le caractère étrange, surprenant et divers de la libido humaine. Au fil des pages, on découvre l’éventail des divertissements proposés par l’établissement, dont les « masturbateaux », le « berceau-vulve », les « levrettes alignées » et cette « salle de velours » où les compositeurs Borodine et Rimski-Korsakov pratiquent un massage de pied à l’aide de leurs génitoires. Certains hommes acceptent aussi de se faire temporairement couper la tête et de servir sexuellement des femmes. Il est donc logique que le récit se termine par une grande fête dont l’un des buts est de remettre ensemble les membres (phallus, mains, têtes…) avec les corps respectifs qui avaient été privés de ces appendices. C’est ainsi que la jeune Shandee du début fait la connaissance de Dave au grand complet : le bras de Dave retrouve le reste du jeune homme et le désir de ce dernier pour Shandee est immédiat.
« Le plus grand avantage du sexe exprimé par écrit, si on le compare aux vidéos pornos, c’est que l’humour reste possible. La comédie et l’immersion dans l’excitation sexuelle peuvent coexister dans un livre, alors que la nudité dans un porno est tellement oppressante pour l’arrière du cerveau que tu arrêtes de rire. Des seins nus sont rarement drôles. […] Il est possible que la prose puisse être plus visuelle qu’un film. […] J’essayais de voir si une scène de sexe écrite – même à notre époque, avec plus de vidéos pornos disponibles gratuitement que l’on puisse imaginer – pouvait dire quelque chose de vrai sur cette chose merveilleuse et tâtonnante que font les gens. » (Nicholson Baker dans l’entretien donné à la Paris Review)
Baker, qui « écrit comme nul autre en Amérique » (Newsweek), revient au registre érotique avec, un texte joyeusement délirant, festival d’obscénité imagée et véritable exercice en écriture. Dans le même temps, La belle échappée est habité par un humour bonhomme qui fait de ce livre un texte certes cru mais jamais malsain, un livre destiné à divertir plus qu’à troubler, une bacchanale boschienne des temps modernes, dont les péripéties hautes en couleurs l’élèvent au-dessus de la simple pornographie. Parodiant un certain parler contemporain (jargon psychologique, jargon des entreprises), Baker s’interroge aussi sur la valeur du bonheur proposé par cette utopie consumériste (l’accès à L’échappée belle est en effet très coûteux).
« Après vingt-cinq ans de carrière, la réputation de Baker est aussi inhabituelle que son œuvre. Il a été salué presque à l’unanimité et avec beaucoup d’enthousiasme pour son style, son humour, son originalité et son empathie. […] Une grande part du talent de Baker tient à son traitement des détails sur lesquels il insiste sciemment : des tournures de phrases inventées avec méticulosité, un ton magistralement intime et un don surhumain pour l’observation. […] Ce que cache le ton joyeux de Baker, cependant, est une conviction qu’il défend avec passion : à savoir, que nous devons honorer les détails de nos vies plutôt que de nous laisser emporter par les projections et les abstractions. Dans cette quête, Baker semble toujours disposé à dérouter ses fans et enflammer les critiques et il a fait preuve d’une indifférence vis-à-vis des modes éditoriales que peu d’auteurs auraient pu tenir. » (Sam Anderson, The Paris Review)
« Il y a quelque chose d’admirable dans l’intelligence comique et raffinée que Baker déploie, le plaisir qu’il prend à négliger des détails et la manière dont il refuse le recours à la noirceur comme solution facile à la question du poids de la responsabilité artistique. En réponse au défi qu’il s’est lui-même lancé – écrire un travail vraiment pornographique mais aussi hilarant, globalement féministe dans ses intentions, enjoué et étrangement innocent – sa performance est une prouesse technique encore plus folle qu’elle n’en a l’air. » (Christopher Tayler, London Review of Books)
« Nicholson Baker étant l’un des écrivains contemporains ayant démontré avec le plus de constance sa capacité à captiver, le voyage en vaut la peine. Les lecteurs amateurs de tournures risibles, de provocations spirituelles et de descriptions de relations sexuelles en forme d’hymne au désir, sans oublier la fragilité et la comédie humaine, ne seront pas déçus. » (Sam Lipsyte, The New York Times)
« Sans doute le livre de Baker le plus inventif. » (New York Observer)
« Mr Baker propose l’une des proses les plus belles, des plus originales et les plus ingénieuses depuis des décennies. » (Charles McGrath, International Herald Tribune)
«Nicholson Baker, grand maître du détail, parvient à élever le trivial au rang du grand art et de réflexions plus personnelles. C’est dans ses romans érotiques qu’apparaît avec le plus d’évidence son talent pour l’expliciter. Avec La belle échappée, il atteint des nouveaux sommets de perversité et d’humour. » (Vanity Fair)
« Baker renoue avec l’érotisme de ces Vox et The Fermata mais le porte à pas moins de douze crans supérieurs. » (Kirkus)
« Sous un vernis essentiellement pornographique, l’écriture de Baker laisse surgir un commentaire attachant sur la distinction entre les dimensions esthétiques et sexuelles de certaines expériences. Délibérément explicite et bizarre, Baker s’amuse à critiquer l’approche moderne et mécanique du sexe en créant des expériences érotiques sans limite… exprimer aussi ouvertement cet érotisme est rafraichissant et franc. (Library Journal)
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