Nashville Chrome
EAN13
9782267023305
ISBN
978-2-267-02330-5
Éditeur
Christian Bourgois
Date de publication
Collection
Littérature étrangère
Nombre de pages
384
Dimensions
2 x 1 x 0 cm
Poids
347 g
Langue
français
Langue d'origine
anglais
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Dans ce roman, Rick Bass rompt quelque peu avec une série d’ouvrages plus apparentés au genre du « nature writing » et retrace en fiction le parcours des Brown, un groupe de musique country qui a connu son heure de gloire dans les années 1960 aux États-Unis, croisant même le chemin d’Elvis Presley.
Au début des années 1930, dans le sud de l’Arkansas, à Poplar Creek près de la frontière du Mississipi, Floyd Brown dirige une scierie. En plus des difficultés économiques qui touchent l’ensemble des États-Unis, les Brown sont confrontés à des problèmes domestiques : Floyd boit avec excès, travaille avec imprudence, et son fils cadet meurt accidentellement. Ses autres enfants, Maxine, Jim Ed et Bonnie, témoignent d’un talent musical exceptionnel. Plutôt que de jouer dans les bois, ils ont pris l’habitude de se produire dans les petits concerts et les « talent shows » du sud des États-Unis. Le frère et les deux sœurs se font bientôt connaître sous le nom de The Browns. Un impresario escroc, Fabor Robinson, leur fait signer un contrat auquel ils vont rester longtemps enchaînés. Ils connaissent un succès rapide. « Ils étaient aussi grands qu'Elvis », à cause du son particulier de leurs voix, cet éclat soyeux et rauque forgé par la fumée provenant du travail des bucherons à proximité de chez eux, et un son qui prendrait le nom de 'Nashville Chrome' », ou de « son Brown » comme le dit Elvis Presley dans le livre. Les années 1955 et 1956 sont glorieuses : ils commencent à gagner de l’argent mais restent proches de leurs racines et de leurs amis d’enfance, parmi lesquels un certain Elvis Presley qui s’est épris de la jolie Bonnie. Le groupe demeure populaire dans les années 1960, mais leur étoile commence à pâlir. En 1962, ils enregistrent une dernière chanson avec leur célèbre producteur, Chet Atkins.
Au début des années 1970, les Browns se séparent. Jim Ed se lance alors dans une brillante carrière en solo. Bonnie quitte le trio et Elvis pour épouser un médecin avec qui elle s’installe dans une ferme. Maxine, se marie quant à elle à un avocat, Tommy Russel, qui ne cesse de la tromper. Au fil des années, Maxine ne peut renoncer à l’idée de renouer avec le succès. Elle s’efforce de continuer, affrontant des hauts et des bas, tout en sombrant progressivement dans l’alcool.
Rick Bass alterne le récit du parcours brillant du trio Brown, « le groupe américain préféré des Beatles », avec « la vie aujourd'hui » de Maxine Brown dans les années 2000. Cette dernière est devenue une vieille dame impotente, ne s'est jamais remise du déclin de sa carrière fulgurante et a fini par renoncer à l'alcool « pour ne rien manquer des derniers mois de sa vie. » Habitée par la fureur plus que par la nostalgie, elle ne supporte pas d'être oubliée de tous. Aussi « l'ancienne reine de la country » dépose-t-elle une annonce dans l'épicerie de son quartier. Elle recherche un cinéaste disposé à filmer « une célèbre artiste ». Jefferson, un enfant surdoué âgé de douze ans, y répond. Il entreprend patiemment de la filmer « pour acquérir une connaissance artistique de sa vie ». Lorsqu’il projette le film dans son lycée, Maxine accède finalement à une nouvelle reconnaissance, applaudie par un public de jeunes élèves.
Rick Bass figure sur la sélection des 20 meilleurs livres de l’année 2011 établie par le magazine Lire pour Le journal des cinq saisons.
Pour découvrir l’univers musical des Browns, voici quelques liens sur lesquels écouter leurs titres-phares :
http://www.youtube.com/watch?v=spFqgtUu-wg
http://www.youtube.com/watch?v=HTkbj56bnYs
L'écriture lumineuse, précise et poétique de Rick Bass, la musique de son texte, à la fois obsédante et entraînante, enveloppe le lecteur dans ce monde cru et passionnant. Un voyage dans le temps, entre passé et présent, où les personnages apparaissent à tous les âges, dans les affres du succès, de la nostalgie, de la colère. « Nous leur avons ouvert le chemin, observe Maxine Brown avec amertume, mais ils n'ont pas de respect. » Nashville Chrome, reflet d'une réalité américaine, continue de résonner dans notre imaginaire.
« Bass ne mène jamais son histoire de façon trop rigoureuse, évitant ainsi la lourdeur de la plupart des fictions historiques – ses paragraphes ne sont pas grevés par le poids de la destinée. Rick Bass n’assène jamais trop de grandes vérités sur la vie. Lui qui a tant écrit sur la dévastation de l’environnement sait parfaitement où chercher l’espoir et la bonté – jusqu’à la façon qu’il a de rendre les imperfections, son aptitude à rendre artistique une peine, une douleur, extirper de la musique depuis les cendres. En toile de fond de Nashville Chrome est également évoquée la destruction sauvage de l’environnement par l’industrie des scieries, qui a balayé et brûlé la source d’inspiration, la beauté naturelle qui est à l’origine de ces belles voix. […] Mais les hommes qu’il évoque ne sont que des assassins imparfaits. Ils s’efforcent de faire des choses, mais le cœur n’y est visiblement pas. Ils s’évertuent à essayer, mais à la place, ils font de la musique. Ou des enfants qui font de la musique. Ou écrivent des livres sur des musiciens oubliés… » (Salter Reynolds, Los Angeles Times)
« Ce roman, relativement court, est servi par une écriture d’une grande richesse. Par moments, on peut même y trouver des échos faulknériens. Mais il y a des péchés encore plus grands. Bass a le pouvoir de graver dans notre esprit des images mentales puissantes, comme cette description de l’enterrement du King. » (Dave Shiflett, The Washington Post)
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