LA FEMME DU MINISTRE, roman
EAN13
9782841879052
ISBN
978-2-84187-905-2
Éditeur
Archipel
Date de publication
Collection
SUSPENSE
Nombre de pages
400
Dimensions
24 x 15 x 0 cm
Poids
434 g
Langue
français
Code dewey
849
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La Femme Du Ministre

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ROMANS ET NOUVELLES

2011, L'Archipel, 2005.

Investigations, Le Masque, 2004.

Les Pillards de Bagdad, L'Archipel, 2003.

Retraite anticipée, Fleuve noir, 2003.

Colonia Tranquilidad, Noësis, 2002.

Noir de taule, Les Belles Lettres, 2000.

Dernier tango à Buenos Aires, Actes Sud, 2000.

Bugs, Calmann-Lévy, 1999. Réédition Folio, 2001.

Schizo, Actes Sud, 1998.

La Peau des autres, Denoël, 1997.

L'Or des Abbesses, Métro-Police, 1997.

Allumez le gourou, Comp'Act, 1997.

Enchères de peau, Métro-Police, 1997.

Au nord du rio Balsas, Fleuve noir, 1996.

Chili incarné, Le Poulpe, Baleine, 1996.

Cerro rico, la mine aux enfants, Éditions de la Renaissance, 1995.

La Nuit de l'Apagon, Fleuve noir, 1995.

Mort d'un satrape rouge, Métailié, 1995. Réédition poche, 1998.

Viva Villa, Dagorno, 1994.

Pièces détachées, Fayard, 1993. Prix du Quai des Orfèvres.

Chili con carne, Scandéditions, 1993. Réédition Folio, 1995.

Ticket chic, Métailié, 1993.

Coup de cafard, Fleuve noir, 1992.

La confiance règne, Série noire, Gallimard, 1991. Réédition Folio, 2002.

Balles de charité, Série noire, Gallimard, 1990. Réédition Folio, 2000.

Du sang sur la glasnost, Le Masque, 1990.

Les Huit Dragons de jade, Philippe Picquier, 1989. Réédition Picquier poche, 1997.

Riot gun, Série noire, Gallimard, 1989. Réédition Folio, 2000.

KZ Retour vers l'enfer, Carrère, 1987. Réédition Métailié, 1999.

Festin de crabes, Liana Lévi, 1987.

N'oubliez pas l'artiste, Fleuve noir, 1986. Grand Prix de la littérature policière. Réédition Folio, 1992.

Le Miroir de l'Inca, Liana Lévi, 1985. Réédition Folio, 1993.

Votre argent m'intéresse, Fleuve noir, 1985. Réédition Le Masque, 1991.

Le Baiser de la couleuvre, Fleuve noir, 1985. Réédition Les Nuits rouges, 2000.

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eISBN 978-2-8098-1189-6

Copyright © L'Archipel, 2007.

1

Parc des Buttes-Chaumont, mai, 7 h 45

La jeune femme courait. Ses foulées étaient longues et souples, sa respiration régulière. Pour retenir sa crinière brune, elle avait noué autour de son front un bandeau vert assorti à son sweat et à ses collants. En cette matinée de mai, il faisait encore frais, et les quelques timides rayons de soleil ne parvenaient pas à réchauffer les allées du parc. Bien entraînée, elle attaqua un raidillon sans ralentir. Seul son visage sur lequel perlaient quelques gouttes de sueur trahissait son effort. En haut de la côte, elle croisa un autre joggeur. L'homme lui jeta un regard furtif sans interrompre sa course. D'une manière générale, elle attirait les regards masculins et, dans cette tenue, elle se savait très sexy. Elle ignora le coureur. Seuls les sportifs qui se rencontraient régulièrement se saluaient d'un sourire, d'un mouvement de tête ou d'un petit geste de la main. En haut de la côte, elle bifurqua sur sa droite et longea un square ceint de barrières métalliques. En fin de matinée, des groupes en majorité féminins venaient faire des mouvements de gymnastique dans ce square, sous la direction d'une monitrice, mais pour l'heure il était encore vide. Elle longea ensuite une vaste pelouse qui descendait vers le pont suspendu surplombant le lac artificiel. Ce pont était fermé depuis près d'un an. Une pancarte annonçait des travaux qui n'avaient pas encore commencé. Elle le regrettait car le traverser, au petit matin, quand le jardin venait tout juste d'ouvrir, lui procurait un sentiment d'évasion. Plus tard, quand les familles encombrées de poussettes et de gamins bruyants envahissaient les lieux, les Buttes-Chaumont perdaient ce caractère exotique et magique.

Sans ralentir son rythme, la coureuse traversa l'allée qui menait à l'entrée principale du parc, face à la mairie du XIXe arrondissement. Elle parvint à la hauteur d'une cabane de rondins édifiée face à une aire de jeux pour enfants sans remarquer les deux hommes qui l'observaient, embusqués à l'intérieur. La jeune femme effectua encore deux tours. Quand elle apparut à l'extrémité de l'allée, à la fin du second, les hommes sortirent de la cabane et marchèrent vers elle.

Parc des Buttes-Chaumont, 9 heures

— Ça veut dire quoi, au juste, cette histoire de...

Assise sur un tabouret en plastique, Rose Bontemps sirotait un café en tentant de déceler le sens caché d'une circulaire détaillant les conditions de passage du premier au deuxième échelon des agents de surveillance des Parcs et Jardins. De forte corpulence, l'Antillaise avait du mal à tenir en équilibre sur son siège, d'autant qu'elle se penchait en avant pour se rapprocher de la feuille de format 21 × 29,7 scotchée sur la paroi du minuscule local. La lecture de cette note de service signée par un directeur de la DPEJ mais sans doute rédigée par un de ses sous-fifres exigeait un gros effort de concentration qu'elle extériorisait par des grimaces et un léger balancement du buste.

Son collègue haussa les épaules.

— Cherche pas à comprendre ! Moi, tout ce que je vois, c'est que je ne suis pas sur la liste cette année alors que le chef me l'avait promis !

— Le chef, il ne décide pas de tout. Il y a des gens au-dessus de lui.

— Alors, il n'avait qu'à rien promettre.

L'Antillaise ne répliqua pas, mais abandonna sa lecture. Elle lança son gobelet vide dans une corbeille, se leva et s'étira, faisant remonter sa veste d'uniforme qui la boudinait. Debout, elle dominait d'une bonne tête son collègue, un blondinet fluet et prématurément dégarni, ce qui mettait ce dernier mal à l'aise. En compagnie de Rose dans cette pièce exiguë, il éprouvait des sentiments confus, mélange de fantasmes sexuels et de crainte. Parfois, il imaginait qu'elle lui coinçait la tête entre ses seins ou ses cuisses et qu'il ne maîtrisait plus alors des érections que, fort heureusement, la Noire ne soupçonnait pas. Leurs relations les plus intimes se limitaient à partager de temps à autre des plats qu'elle apportait dans des Tupperware et arrosait d'une lampée de punch, reliefs d'agapes familiales. Elle l'avait plusieurs fois invité à ces fêtes, mais il s'était toujours défilé sous des prétextes divers, contrairement à d'autres collègues.

Rose le frôla pour sortir du local, fit quelques pas dans l'allée, puis se retourna vers lui.

— Tu ne sens rien ?

Il s'avança sur le pas de la porte, renifla bruyamment. En dépit du rhume chronique qui lui bouchait le nez, une odeur âcre lui chatouilla les narines.

— Il y a quelque chose qui crame !

— Ces petits cons ont allumé un feu. Prends l'extincteur.

À maintes reprises, des individus non identifiés, sans doute des bandes de jeunes ou des SDF, s'introduisaient dans le parc en escaladant les grilles ou se laissaient enfermer pour faire la fête dans les grottes artificielles. Le matin, les agents de surveillance y retrouvaient des boîtes de bière, des emballages de McDonald's, des mégots en quantité et des préservatifs. Des taggers sévissaient aussi de temps à autre. Mais ces intrusions se produisaient à la belle saison. Le froid était le meilleur allié des surveillants pour dissuader les amateurs d'expéditions nocturnes.

Rose tendit le bras.

— Ça vient de Crimée.

L'agent décrocha l'extincteur et s'élança derrière l'Antillaise. En dépit de sa corpulence, Rose courait aussi vite que son collègue encombré par son appareil. Elle parvint avant lui sur les lieux de l'incendie. Une fumée noire s'élevait derrière des buissons, sur une pelouse à l'écart de l'allée. Une odeur nauséabonde la prit à la gorge.

— Qu'est-ce que ça pue !

Elle se boucha les narines avec un mouchoir et avança prudemment, laissant son collègue la dépasser. Celui-ci déverrouilla son extincteur, s'approcha, se figea. Il voulut crier, mais aucun son ne franchit ses lèvres. Il demeura ainsi paralysé pendant quelques secondes, puis s'effondra à l'instant où Rose le rejoignait.

Place Beauvau, 11 heures

Deux hommes installés à une grande table triaient les plis déposés par des motards ou reçus par la poste. Le...
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